Je vous écris d'Angers et j'ai vécu hier une forme de Syndrôme de Stendhal, à savoir une profusion de beau qui submerge le corps et l'esprit. Concrètement, en 6 heures, j'ai pu admirer la tapisserie de l'Apocalypse au château d'Angers à 10h30 puis les oeuvres du musée des Beaux Arts de la Ville à 14h avec tout particulièrement la Renaissance italienne et enfin, j'avais rendez-vous à 15h30 pour une visite conférence de la Galerie David d'Angers du nom de ce sculpteur du 19e Pierre Jean David. Que de beau, que de beau!
J'ai découvert hier grâce au film introductif de la tapisserie qu'Apocalypse ne signifie pas fin du monde mais Apocalyse en grec veut dire révélation.
J'ai ainsi immédiatement fait le lien avec deux conférences ces 4 derniers mois, respectivement d'Olivier Hamant et de Jean Staune, qui apportent tous deux des informations sur le fait que le monde est en train de basculer, que le point de rupture est passé et que l'ancien monde resiste. C'est tout ce que nous voyons en ce moment et qui choque beaucoup d'entre nous. Et si, effectivement, il ne s'agissait que des derniers spasmes d'un mourant qui ne veut pas mourir ?
Que nous raconte la Tapisserie de l'Apocalypse ?
Commandée à la fin du XIVe siècle par le duc Louis Ier d'Anjou, elle est le plus grand ensemble de tapisseries médiévales conservé. Longue de plus de 100 mètres, elle illustre le texte de saint Jean à travers une série de scènes colorées alternant fonds rouges et bleus. Au-delà du récit biblique du combat entre le bien et le mal, l'œuvre reflète les angoisses de son époque, marquée par la guerre de Cent Ans, la peste et les famines. Elle frappe par sa finesse technique et son sens du détail, utilisant une laine teintée de pigments naturels. Après avoir été dispersée et dégradée à la Révolution, elle a été patiemment restaurée et se trouve aujourd'hui dans une galerie dédiée au château d'Angers. C'est un témoignage historique et artistique majeur, classé au registre "Mémoire du monde" de l'UNESCO.
L'issue du récit de la Tapisserie de l'Apocalypse (le cycle narratif qu'elle dépeint) est, conformément au texte de saint Jean, une conclusion pleine d'espoir et de lumière après les épreuves et le chaos.
Voici les points clés de la fin du cycle :
La défaite du Mal : Après les combats contre les forces démoniaques, le Dragon (Satan), la Bête et le Faux Prophète sont définitivement vaincus et jetés dans un étang de feu. C'est la fin du cycle de la destruction et du jugement.
Le Jugement Dernier : Les morts sont jugés selon leurs actes. C'est le moment de la séparation définitive entre les ténèbres et la lumière divine.
La Jérusalem Céleste (image ci-dessous) : L'histoire culmine avec l'apparition de la "Cité Sainte", une ville magnifique descendant du ciel. Elle représente l'harmonie retrouvée, un paradis où Dieu réside parmi les hommes. Dans la tapisserie, elle est souvent représentée comme une ville fortifiée idéale, richement décoré.
Le triomphe de l'Agneau : L'Agneau (symbole du Christ), qui était au centre de l'ouverture des sceaux au début du récit, apparaît victorieux. C'est le symbole de la rédemption et du renouveau du monde.
Comment ne pas voir un parallèle avec nos temps troublés...
Bonne année 2026, année 1 en numérologie, année du Renouveau!
Cyril

