mardi 21 février 2023

Le chemin ou la destination: c'est quoi qui est important pour toi?

Quand j'étais en études, un de mes camarades de Promo avait une vision très claire et se voyait un jour travailler au FMI. A 40 ans, il s'est retrouvé à Washington pour travailler dans les équipes dirigées alors par Christine Lagarde. Entre temps, il avait mis en place un parcours d'une incroyable logique. Cela s'appelle tout bonnement le leadership; se fixer un objectif et définir les étapes pour l'atteindre, ce faisant inspirer les autres :-)

Est-ce important d'avoir un objectif? Est-ce indispensable?

Depuis 11 ans que je suis coach Carrière, j'ai bien sûr en tête la phrase de Sénèque ("Il n'est de vent favorable à qui ne sait où il va") que je cite aujourd'hui avec beaucoup plus de circonspection qu'au début car je vois que chacun est unique. Et que certains types de personnes sont dans une zone de préférence à se donner un objectif clair (j'en fais partie) et d'autres non. 

La carrière, on en voit la logique quand on se retourne. Toujours. Même pour les parcours atypiques. J'arrive toujours à voir le fil rouge. Sarah Roubato parle dans sa lettre aux ados du verbe de sa vie et j'aime cela. Si le verbe est le tronc de l'arbre, il pourra avoir plein de branches qui supporteront bien des feuilles, comme autant de possibilités de postes, d'étapes de carrière possible.

Bref, certains auront l'idée de la destination et d'autres non. Respectez votre préférence. Retournez-vous de temps en temps et questionnez la logique. Qu'ont en commun tous ces points sur le chemin, toutes ces feuilles sur l'arbre? De là, quelle peut être la prochaine étape? Aucune injonction. Soyez libres de vous fixez ou pas un lointain objectif de carrière. Par contre, bien sûr car c'est le jeu de l'entretien d'embauche, imaginez quelle serait la destination après ce poste pour lequel vous avez un entretien demain. La question peut bien sûr vous être posée: "où vous voyez-vous dans 5/10 ans?". Et si vous ne savez pas ou voulez ouvrir votre esprit, interrogez une IA générative (ChatGPT par exemple) pour ce faire.

Personnellement aujourd'hui, je lâche assez l'objectif pour l'expérience. En bon explorateur (le verbe de ma vie est "explorer"), j'ai compris que ce qui compte était le chemin, pas l'atteinte de la destination. Bref, je savoure aujourd'hui le sel de l'instant présent. J'ai lâché l'égo et le monde des "Head of" qui m'a bien nourri un temps pour un monde au ralenti où je ne cesse d'explorer sous plein de formes.

Comme l'on dit sur le chemin de Saint Jacques, "la meta no es Santiago, la meta es el camino" (le but n'est pas Santiago, le but n'est pas d'arriver, le but, c'est le chemin).

Et pour conclure, je vous propose ce magnifique poème d'Antonio Machado:

———-

Caminante, no hay camino,           Toi qui chemines, il n’y a pas de chemin

Todo pasa y todo queda,               Tout passe et tout reste

Pero lo nuestro es pasar                Mais il nous revient de passer

Pasar haciendo caminos                Passer en faisant des chemins

Caminos sobre el mar ( …)            Des chemins sur la mer ( …)

 

Caminante, son tus huellas,         Toi qui chemines, ce sont tes traces,

El camino y nada más ;                  Le chemin et rien de plus ;

Caminante, no hay camino,         Toi qui chemines, il n’y a pas de chemin,

Se hace camino al andar.             Le chemin se fait en marchant

 

Al handar se hace camino              En marchant le chemin se fait

Y al volver la vista atrás                 Et quand on se retourne pour voir

Se ve la senda que nunca              On voit le sentier que jamais

Se ha de volver a pisar ( …)           L’on n’aura plus à fouler ( …)

lundi 2 janvier 2023

2023 : encore plus de sobriété heureuse... ou pas...?

 En ce tournant d'année, j'ai fait l'exercice de comparer mes avis d'impôts 2022 et 2012, respectivement sur les années 2021 et 2011. Bilan: des revenus du travail divisés par 5,35. 

On parle souvent dans une transition professionnelle et surtout dans les fameux changements de vie de la division par 2, 3 ou 4, voire 7 de ses revenus. J'y suis et si on m'avait dit que ce serait le cas quand je travaillais dans la banque d'investissements je n'y aurais pas cru. Comment penser aller vers la sobriété heureuse quand on est nourri au "global head of", qu'on fait partie des 5% des Français les plus riches (pas si riche hein le seuil était étonnament bas à 85K€ de revenus nets en 2011), qu'on a un job motivant et qu'on se dit que ce n'est pas un problème de trop travailler si on en a envie...? Je suis allé vers la sobriété heureuse pas à pas, avec précaution et le chemin n'est pas fini. Et d'ailleurs comme on dit sur le Camino ou chemin de Compostelle, ce qui est intéressant ce n'est pas le point d'arrivée mais ce chemin. Depuis 11 ans à présent j'observe ces chemins que prennent mes clients et c'est un véritable bonheur. Je pensais être heureux dans la banque d'investissements. Je me leurrai. J'ai cette force de toujours savoir donner un sens à ce que je fais. C'est peut-être pour cela que j'accompagne les autres sur ce sujet et que j'ai écrit un livre là dessus => https://bit.ly/LelivredeCyril

Bref, en 11 ans d'accompagnement de cadres dans ces problématiques, j'ai pu constater que le frein financier est présent dans 90% des cas... par exemple "jusqu'à ce que le petit dernier ait 25 ans".

A mes clients, je donne des articles sur le sujet au moment de sélectionner les pistes qui vont devenir les projets professionnels. Je le fais pour "ouvrir" avec le conseil de garder "la" piste qui fait peut être très envie et en même temps très peur, que c'est peut être enfin l'occasion de s'y confronter pour y aller ou pour ne pas y aller mais en conscience, en sachant pourquoi. Ne pas avoir un jour le regret... Ah si j'avais été mercière, chanteur, si j'avais ouvert un petit commerce, si j'avais fait cette formation dans le parfum...

Bref, en ce début d'année, je vous souhaite de creuser vos envies, de les regarder bien en face et qui sait de les nourrir avec gourmandise, élan et perséverance...

Bonne année 2023 :-)

P.S.: mes projets pour cette année, toujours explorer avec une formation approfondie sur les accords toltèques qui me semble l'outil le plus puissant enfin rencontré, l'Elément Humain de Will Schutz, des nouveaux partenariats qui vont m'amener à doubler mon chiffre d'affaires sur cette année pour aussi préparer 2024 qui sera surprenante! Continuer d'écrire et finir 2 nouveaux livres professionnels. Et bien sûr toujours des yellow weeks (1 semaine par mois en exploration d'un lieu et de sujets pros à distance) à Malaga, Valencia, Rennes, Dubrovnik, Split, Toulon... la vie d'un explorateur de la beauté du monde et du Sens.







vendredi 2 décembre 2022

Et si Christian Bobin nous donnait des conseils Carrière...

Comme avec d'autres personnages célèbres, j'ai imaginé samedi dernier, après sa disparition que Christian Bobin nous donnait des conseils Carrière :

  • "A quoi reconnait-on des gens fatigués ? A ce qu'ils font des choses sans arrêt"
  • "Ce qu'on sait de quelqu'un empêche de le connaître"
  • "La joie est la matière la plus rare de ce monde"
  • "Faire trop longtemps la même chose, au même endroit, à la même heure, cela rend vieux"
  • "Le professionalisme est une maladie qui vient aux gens par leur métier, par la maîtrise qu'ils en ont, qui les asservit"
  • "Il y a des places qu'il faut laisser désertes. Il y a des actes que l'on ne peut faire sans être aussitôt défait par eux"
  • "Je suis toujours étonné de voir le peu de liberté que chacun s'autorise, cette manière de coller sa respiration à la vitre des conventions"
  • "Je n'aime pas ceux qui savent, j'aime ceux qui aiment"
  • "L'intelligence n'est pas affaire de diplômes. Elle peut aller avec mais ce n'est pas son élément premier"
  • "Le besoin de créer est dans l'âme comme le besoin de manger est dans le corps"
Et pour finir cette phrase, glanée dans une émission de radio réécoutée le week-end dernier, qui est magique tant elle résonne pour moi : 

"Résister, c'est respirer, prendre appui sur ce qui existe vraiment et ne pas donner la moindre chance au nihilisme partout régnant. Résister, c'est s'appuyer sur quelque chose qui existe. Et je pense que peut-être c'est paradoxalement choquant, ce qui existe vraiment, c'est la bonté... La bonté, la lenteur, l'attention, ce sont des choses qui ne sont pas marchandes, qui sont vitales pour chacun et qui continuent d'être diffusées par des gens qui n'ont pas de visage, que l'on ne connait pas forcément, qui sont ici ou là et qui sont les vrais piliers du monde"

Christian Bobin (1951-2022), Boomerang, 26/12/2019




lundi 17 octobre 2022

3 clés pour créer le "fit" avec un recruteur

Ces jours-ci, je coache comme chaque année des étudiants de Finance bientôt diplômés dans une brillante école de commerce française. Plusieurs, et c'est finalement assez nouveau m'ont posé la question du "fit" que l'on pourrait traduire par la bonne qualité de lien nouée avec le recruteur.

En bon coach, je leur ai renvoyé la question et souvent, basé sur leur propre expérience à chacun, en scannant leurs entretiens à succès passés, ils ont pu discerner quelques ressources propres et autres bonnes pratiques.

Au final, je résumerais le tout en 3 points:

- Reformuler en synthèse les propos du recruteur et valider quand cela vous semble pertinent. Reformuler aussi parfois les questions avant de répondre. Le recuteur se sentira bien écouté, bien compris. Vous lierez clairement vos propos aux siens. Cela appuiera par ailleurs vos qualités d'analyse et de synthèse. Cette technique est une des techniques de négociation de base. Utilisez-la!

- Sortir des expériences trop professionnelles dans au moins sur une illustration, sur la réponse à une question, etc., donner à voir qui l'on est en tirant une expérience personnelle, sportive, associative. Il y a fort à parier qu'on le fera avec une belle énergie. Il est important en tant que candidat de donner à voir un maximum de facettes de sa personnalité!

Le +: qui sait vous aurez googler le nom du recruteur et étudié son identité numérique pour voir à présenter quelque chose qui peut plus résonner

- Inviter à un moment donné le recruteur à fendre l'armure: qui est là derrière ce tailleur, ce costume de recruteur. Pour ce faire, poser une question sur la façon, la manière qu'il/elle a de faire... / de manager... ou autre. Valider la réponse par un "super" ou quelque chose similaire et si vraiment cela vous semble trop superficiel, n'hésitez pas à dire "vous pouvez m'en dire un petit peu plus, cela m'intéresse". N'oublions pas, même si le recruteur en France a toujours la facheuse tendance d'être en position haute (a contrario de pays anglo-saxons) que l'entretien est un exercice de prise de connaissance mutuelle où en thérorie aussi bien le candidat que le recruteur doit convaincre l'autre :-)

A vos costumes/tailleurs! 

Belle journée,

Cyril

jeudi 1 septembre 2022

Finies les tracances, vive la rentrée!

Aujourd'hui, c'est la rentrée des classes. Alors finies les #tracances et vive la rentrée. 

Les tracances, c'est le fait télétravailler sur son lieu de vacances comme on le voit sur cette vidéo de Karim Duval - https://www.youtube.com/watch?v=XNB24b4toMc

Il s'agit d'un mot valise.

C'est pourtant un vrai phénomène que les indépendants pratiquent depuis des années et que l'on appelle couramment "digital nomad". De mon côté, c'est ma réalité depuis 10 ans, une réalité pourtant toujours incomprise par beaucoup de gens qui pensent encore parfois "feignasse" quand je travaille de Valencia (comme ces jours-ci).

Les chiffres sont là quand même pour l'été 2022:
  • 1 cadre sur 3 est séduit par les tracances!
  • 1 cadre travaille en moyenne 7h par semaine pendant ses vacances!
Rien ne va plus. Heureusement c'est la rentrée, finies les tracances! Ouf!

Le droit à la déconnexion a fait long feu. A-t-il jamais existé? Comme le disait une chercheuse sur les chartes sur un autre sujet, tant qu'on se borne à faire des chartes mais que le top management ne montre pas l'exemple, les chartes restent lettre morte.
Je vois pour ma part des cadres de plus en plus épuisés en 10 ans. N'est-il pas urgent de prendre soin de vous et d'être assertif (oser parler de votre besoin) sur ce sujet? Le risque sinon, c'est peut-être résumé sur ce dessin de Pascal Gros:


Si vous voulez, on en parle. En attendant, que la rentrée soit douce :-)

P.S.: Cet article est librement inspiré du Club de 28 minutes du vendredi 19/08/2022

mardi 4 mai 2021

Et si Napoléon nous donnait des conseils Carrière?

 Le 5 mai 1821, Napoléon 1er mourrait à Saint Hélène à l'âge de 51 ans. A l'occasion de cet anniversaire, je me suis amusé à choisir certaines citations qui lui sont attribuées comme autant de conseils carrière potentiels. Je prends la responsabilité de mes interprétations, voire détours et vous invite à trouver vos propres résonances avec les mots de ce grand personnage historique. Lisez bien jusqu'à la fin car il y a une SURPRISE...


  • "L'art de gouverner consiste à ne pas laisser mourir les hommes dans leur poste"
Je l'ai vu dans les grands groupes où je travaillais. J'ai parfois du me battre pour faire évoluer plus rapidement de jeunes potentiels qui sans un move rapide allaient partir à la concurrence. Ce devrait être selon moi le combat des RHBP des grands groupes qui osent rarement prendre en compte cette donnée clé! En 2021, dire qu'un poste c'est 30 voire 36 mois, c'est has been :-) OK boomer ?
  • "La répétition est la plus forte des figures de rhétorique"
J'accompagne la préparation de pitchs pour des salariés ou des entrepreneurs. La répétition, figure de style est bienvenue surtout quand on a un bon slogan qui claque à mettre d'entrée et à répéter à la fin, par exemple. Aussi choisir une ligne sémantique est top. Enfin, sur les profils sur les réseaux sociaux comme LinkedIn, la répétition des mots clés est prise en compte par les algorithmes donc là encore, c'est un axe à privilégier.
  • "L'art d'être tantôt très prudent et tantôt très audacieux est l'art de réussir"
Quand je lis cette phrase, je pense à un principe de management en vogue dans mes années SGCIB: "courage et discipline". Je dis toujours à mes clients qu'il faut oser mais que cela demeure leur responsabilité. En recrutement, le plus grand risque est de ne pas oser et donc de passer sous les radars de recruteurs. Dans des contextes très compétitifs, le prise d'initiative, l'audace payent! La prudence dès lors pourra être par exemple de cerner en amont le contexte, les personnes pour mieux ajuster la dose d'audace :-)
  • "Le grand art, c'est de changer pendant la bataille. Malheur au général qui arrive avec un système"
Ou quand rigueur peut engendrer rigidité. Je pense là au grand projet de l'aéroport de Berlin qui a eu plusieurs années de retard... et aux Allemands. Des cabinets de recrutement londoniens m'ont toujours dit que les Français à la City étaient appréciés pour leur adaptabilité. L'année que j'ai passée à Berlin en 2019 m'a fait vraiment sentir la différence culturelle: souvent confronté à la rigidité du système, j'ai pesté et je me suis senti tellement français! Dans le recrutement, il va s'agir d'adapter sa recherche au contexte. Je donnais une conférence la semaine dernière et bien sûr l'adaptabilité dans un contexte comme celui de la Covid-19 est une qualité de grande importance pour aller vers le succès.
  • "Un bon croquis vaut mieux qu'un long discours"
Le saviez-vous? Dans les années 2000, Paris Match a essayé de changer son slogan "Le poids des mots, le choc des photos" mais comment se passer d'un si bon slogan ? Ils y sont revenus. Les Neurosciences à la mode aujourd'hui donnent toute l'explication. Alors oui, faites des dessins, mettez des images à vos supports. Parlez en images et en métaphores. Vous aurez plus d'impact !
  • "Il y a des gens qui se croient le talent de gouverner par la seul raison qu'ils gouvernent"
Je donnais un cours la semaine dernière à des IMBA d'une grande école de commerce "Becoming a Leader". J'y parlais notamment du leadership rationnel (où l'autorité vient du titre, de la position), théorisé par le sociologue allemand Weber. Il est évident que le poste ne suffit pas à faire d'un leader un bon leader. Scannez vos boss passés. Combien étaient selon vous de bons leaders?
  • "On ne conduit le peuple qu'en lui montrant un avenir: un chef est un marchand d'espérance"
En lisant cette phrase, je pense tout de suite à nos dirigeants en Europe et à celles et ceux de notre pays. Jacques Attali, qui a conseillé tous nos présidents depuis François Mitterrand, a cette phrase: depuis Mitterrand, aucun président n'a su offrir une vision à la France. En dehors du fond, sur l'état d'esprit, cela me fait mal mais je pense qu'Attali a raison. Dans les entreprises dans lesquelles je suis passé, j'ai rencontré trop de gestionnaires et peu de marchands d'espérance qui savaient dépeindre une vision positive à même d'embarquer les troupes!
  • "L'art le plus difficile n'est pas de choisir les hommes mais de donner aux hommes qu'on a choisis toute la valeur qu'ils peuvent avoir"
Je pense immédiatement à cette notion de "Servant Leadership" popularisé dans les années 70 par Greenleaf. Il s'agit de déléguer et de mettre en avant, de reconnaître la valeurs des hommes et des femmes, d'offrir des opportunités de grandir et de leur offrir les lauriers. J'ai eu le privilège d'avoir une boss fabuleuse Lorraine Boxall quand j'avais 29 ans. Elle avait cette posture avec moi et m'a montré l'exemple. J'ai eu cette chance d'être à bonne école et j'espère avoir inspiré aussi en tentant toujours d'agir au service des talents autour de moi.
  • "Avec de l'audace, on peut tout entreprendre, on ne peut pas tout faire"
Cette citation me renvoie vers ma citation préférée de Goethe "Quoi que tu rêves d'entreprendre, commence-le. L'audace a du génie, du pouvoir, de la magie". Quel est ce projet qui vous taraude et que vous laissez de côté? Et si vous pouviez vivre de votre passion? A ce titre, je vous invite à aller voir ce programme pour lequel je vais accompagner un  groupe dans quelques jours: Surprise



La mort de Napoléon - Charles de Steuben (vers 1828)





lundi 8 février 2021

Ce que les Neurosciences nous disent pour réenchanter la formation

Bonjour à toutes et à tous,

Depuis 9 ans au moins, je suis formateur (et enseignant) sur des thèmes liés au mangement, à la carrière et aux soft skills. J'ai suivi plusieurs formations de formateur dont la plus récente à Berlin - 35 heures en février 2020. Je définis ma pédagogie par ce concept d'"Action Learning" qui assume un déséquilibre entre la théorie (20%) et la pratique (80%).

Je suis aussi régulièrement formé car, notamment dans mon rôle de coach, la formation continue fait partie de la déontologie.

Je suis un apprenant assez souvent insatisfait, je dois le reconnaître, de la forme sous laquelle sont dispensées les formations que je suis amené à suivre. J'ai longtemps cru que j'étais particulièrement difficile et que globalement nous apprenants étions bien trop bienveillants dans nos évaluations de ces journées. J'ai maintenant, suite à la lecture d'un livre - cf. image ci-dessous - (qui fait suite à de nombreuses autres lectures si je suis honnête depuis 9 ans) la conviction que nous formateurs devons tous urgemment mettre à jour notre logiciel en prenant en compte ce que les neurosciences ne cessent de nous révéler depuis plus de 30 ans et que les Canadiens, précurseurs appliquent depuis tout ce temps. Il y a 25 ans justement, j'étudiais au Canada et j'avais déjà eu un avant goût de cela, après 2 années d'enseignement magistral dans une Ecole de Commerce.

Je tente de résumer ci-dessous ce que nous formateurs devrions prendre en compte et ce que nous apprenants devrions exiger des formateurs pour faire que chaque journée de formation soit une vraie expérience exaltante. 

A taire nos exigences d'apprenants (souvent par manque de conscience de nos besoins), nous ne rendons service à personne et surtout pas aux formateurs. Comme le dit très bien le pape francophone de la CNV (Communication Non Violente) Thomas d'Ansembourg dans son bestseller, il convient de cesser d'être gentil et d'être vrai pour notre bien-être à tous! Le secret comme toujours et c'est ma conviction: Conscience + Assertivité = Bonheur


Quels sont donc ces grands principes que les chercheuses et chercheurs en neurosciences nous ont révélé et continuent de nous révéler pour réenchanter la pédagogie ?
  • 67% des enseignants-formateurs transmettent comme ils ont appris. Il est urgent de se poser la question sur les attentes des apprenants. La carte des multiples apprenants peut être simplifiée avec un modèle comme celui des couleurs (DISC de Marston), ce que le livre propose mais tout modèle de personnalité pourra aussi être retenu pour faire cette lecture des apprenants.
  • Il est important d'annoncer la destination, les finalités (le sens) et la progression envisagée pour l'atteindre (le programme ou plan de travail). Tout au long de la formation, il s'agit de mettre l'emphase sur le sens ("dans la vie, cela vous servira à chaque fois que...")
  • Il est important d'intégrer les biorythmes, à savoir la courbe d'énergie des apprenants tout au long d'une journée. Fort de cette connaissance, le déjeuner doit être suivi a minima d'une heure de capsules action
  • Il est clé de varier les modalités pédagogiques avant, pendant et après le bloc de formation. Par exemple, dans les pays anglo-saxons, Canada en tête, les classes inversées sont depuis longtemps une pratique courante: le contenu est appris en amont du "pendant" où le formateur facilitateur va organiser les échanges et faire expérimenter avec par exemple des jeux de rôles le contenu. 
  • Il convient de varier les activités (les auteurs parlent de capsules) toutes les 10 minutes et de donner du rythme par une pédagogie active qui laisse la part belle à l'expérimentation des concepts (jeux de rôles, situations des apprenants, etc.). On parle de pédagogie active. L'apprenant retient 90% de ce qu'il dit par le lien avec ce qu'il fait ou ce en quoi il est impliqué. Au-delà du savoir qui aura été exposé en max. 10 min, il s'agit de passer au savoir faire avec par exemple une capsule de mind-mapping en petits groupes sur les expériences des apprenants avant une capsule d'expérimentation, etc.
  • Dans ce temps de 10 minutes, 1 minute pour expliquer le concept (alerter) et donner du sens et 9 minutes pour développer
  • Il faut passer du feedback au feedforward pour que les apprenants n'aient pas peur et ainsi osent plus. Bref, tourné vers l'avenir, faire dire à/dire ce que la prochaine fois la personne pourra modifier/faire de différent. Un excellent article sur le sujet a été écrit par Alain Cardon, un des maîtres coachs en France qui m'a formé: https://www.metasysteme-coaching.fr/francais/feedback-ou-feed-forward-la-est-la-question/
  • Il s'agit d'utiliser la musique en appui pour plus de plaisir
  • Puisque le cerveau ne peut traiter qu'un sujet à la fois, il s'agit de clairement traiter les sujets un par un
  • Les supports pédagogiques seront plutôt peu chargés en texte (20 mots par diapo) et illustrés (images), un mix clé pour éveiller la conscience tout en stimulant l'attention
  • Il convient d'avoir un processus pour renforcer la mémorisation des apprenants. Selon Hermann Ebbingshaus, 90% des apprenants ont oublié ce qu'ils ont appris après 30 jours. Voilà pourquoi il convient de répéter sous une forme différente. Le livre parle de répétition en marguerite avec sur un même sujet un enchaînement de capsules (mind-map, jeu, simulation, échange, quiz, etc.)
  • Une suggestion pour casser le rythme est d'introduire certains sujets par des vidéos
  • Sur le même objectif, il convient d'avoir une bibliothèque de brise-glace ("ice-breaker") qui permettre de redynamiser entre 2 sujets
  • Il est important de connecter la tête et les jambes: 38% des apprenants sont majoritairement kinesthésiques (toucher, mouvement); il s'agit de la plus grande catégorie d'apprenants et pourtant les pédagogies proposées les ignorent souvent. Le discours et la pédagogie doivent appuyer sur les différents sens : Visuel, Auditif, Kinesthésique, Olfactif et Gustratif (VAKOG)
  • Accompagner la transposition post-formation pendant 3 à 6 mois. Personnellement sur cet élément, je donne à chaque apprenant une feuille avec 4 sections comme suit, ce qui permet après chaque bloc d'apprentissage (répétitions) de réfléchir au transfert dans la vie de l'apprenant. J'insiste auprès des entreprises pour décomposer les formations en au moins 2 blocs à 4 à 6 semaines d'intervalle pour discuter à partir du 2ème bloc des mises en pratique et des questions éventuelles que cela suscite

"La connaissance des mécanismes du cerveau humain apporte un potentiel illimité dans la compréhension de l'apprentissage et dans l'optimisation des facultés d'apprentissage de chacun" - Jean-Pierre Chagneux et Stanislas Dehaene, professeurs au Collège de France cités dans le livre dans la préface rédigée par Bernard Ramanantsoa, ancien Directeur d'HEC.

Au plaisir de lire toutes les bonnes pratiques / commentaires des formateurs et/ou apprenants qui me liront :-)

Cyril